Etait présent aux utopiales Cory Doctorow, qui, au delà d’être un auteur reconnu dans le domaine de la science-fiction [1] est aussi l’un des co-éditeurs de Boing Boing, le blog le plus lu au monde, et membre éminent de l’EFF et de Creative Commons.
Invité pour une conférence sur la gauche du copyright, nous avons aussi pu rencontrer Cory Samedi, ce qui a donné lieu à une très longue et très intéressante conversation sur les licences et la notion de liberté des auteurs, conversation à laquelle se sont joints des traducteurs de S.F. et des visiteurs.
Nous avons pu discuter de l’importance que prends la notion de « libre » aujourd’hui, et des problématiques de licences dans le monde. Cory insiste sur le fait que les licences libres ont permis de faire comprendre aux organismes de gestion du copyright que s’ils imposent une gestion stricte de celui-ci, ils privent le monde d’une quantité incroyable d’oeuvres d’art, disponible sous licences « libres » ou approchantes, et qui font partie de la culture du XXIème siècle.
Il insiste aussi sur le fait que l’objectif est d’augmenter cet ensemble d’œuvres libres, et que les subtilités juridiques des différentes licences sont secondaires par rapport à cet objectif. Certes, de nombreuses œuvres ne sont pas à proprement parler « libres » [2], mais leur disponibilité sous une licence qui permet ne serait-ce que la libre redistribution [3] fait déjà faire un énorme progrès à la culture partagée qu’il appelle de ses vœux.
Sa thèse centrale est que le copyright est un problème qui se pose entre juristes des grandes sociétés de média, et que dès lors que l’un de ces juristes doit appeler une gamine de 8 ans pour lui dire « tu as mis une œuvre sur ton site, je vais t’attaquer en justice », il y a une différence d’échelle qui doit être combattue.
La culture, pour lui, est quelque chose qui doit appartenir à tous, et les problématiques d’édition doivent se traiter entre éditeurs, et non avec chaque individu. Il faut, pour vaincre la « crise du copyright » actuelle, définir une limite claire entre ce qui est de la culture (YouTube, DailyMotion et les autres...) et ce qui est de l’édition. Il faut, selon lui, décentraliser la décision « ceci est sous copyright, ceci est de l’usage équitable » auprès de chaque auteur, et non le centraliser comme c’est le cas actuellement.
Lors de sa conférence [4], il a aussi insisté sur le fait que mettre ses œuvres en licence Creative Commons ne l’empêchait pas de payer son loyer, et que le contrôle exercé par les DRM risquait de stériliser la culture.
Ces différentes discussions ont permis de sensibiliser des créateurs (auteurs de S.F.) aux problématiques des licences, et aux différentes questions tournant autour de la notion de copyright et de licence.
Merci à stéphane, bruno et tous ceux qui étaient là pour y avoir participé !