Tux aux hermines
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Quand le premier ministre insulte 165 000 Citoyens

Richard Stallman refoulé à Matignon

lundi 19 juin 2006, par Vincent Correze

Voir en ligne : L’article sur PC Impact

Alors que le gouvernement hésite encore sur la suite du débat législatif sur la loi DAVDSI (urgence ou deuxième lecture), RMS devait remettre vendredi 9 juin au premier ministre la liste des 166000 signataires et des 970 organisations (dont LNA) ayant signé la pétition contre le DAVDSI. Il a été refoulé par la sécurité « la décision a été mûrement réfléchie ».

La loi sur le DAVDSI met en danger le logiciel libre, mais aussi le libre accès à la culture par la protection juridique des mesures techniques (DRM). Nous en avons déjà longuement parlé.

L’action contre cette loi est organisée par le site EUCD.INFO, qui a réuni plus de 166 000 signatures individuelles contre le projet, ainsi que 970 signatures d’organisation (dont l’association Linux-Nantes).

A l’occasion de sa venue en France, Richard M. Stallman devait remettre, vendredi 9 juin, la banderole de 15 mètres représentant ces nombreuses signatures au premier ministre.

Alors que le rendez-vous était pris, il s’est vu refoulé à l’entrée de matignon par la sécurité. Aucun officiel (conseiller ou autre) n’a daigné le reçevoir. La sécurité l’a informé que « la décision a été mûrement réfléchie ».

Afin de bien mettre en valeur le peu de cas que le gouvernement Français fait de l’avis des citoyens, RMS a alors déroulé la banderole dans le caniveau, devant matignon, avant de rejoindre une manifestation contre les DRM à la FNAC Montparnasse.

Comme le fait remarquer Frédéric Couchet (FSF France), « la moindre des politesses était de le recevoir. Au-delà du fond, sur la forme, je trouve cela parfaitement lamentable ».

Au moment où la décision doit être prise par le gouvernement sur la nécessité ou non d’une seconde lecture du projet DAVDSI à l’assemblée, et alors même que cette seconde lecture a été promise aux députés (par le ministre de la culture, en cas de grandes différences entre le projet de l’assemblée et celui du sénat, ce qui est le cas), on ne peut que regretter que le chef du gouvernement insulte ainsi l’opinion des citoyens sur un texte qui engage l’avenir de la culture.

Le tout est à mettre en relation avec la réception en chef d’état de Bill Gates par l’Élysée. Comme le dit RMS « Gates est l’empereur, nous ne sommes que des citoyens ».

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